Conseils de lecture

Légende d'un dormeur éveillé
8,90
par (Libraire)
30 octobre 2019

Biographie romancée follement réussie. Follement comme l'était l'époque. Une soif de création, de liberté mais aussi ce pertinent regard sur l'histoire qui bouleversera l'Europe dès les années 36. Desnos de son regard troublé voyait tout cela. Poète résistant il le sera toujours. Une résistance à la bêtise, à la cruauté, à l'humain. La certitude que la poésie, l'art, la culture peuvent changer le monde. Les pages de Gaëlle Nohant sont magnifiques car elles redonnent à lire cette époque somptueuse de vrais talents, de vrais géniaux créateurs. Un Paris de Montparnasse où les troquets accueillaient bras ouverts ces oiseaux du soir. Ce livre est une formidable machine à remonter le temps littéraire.

Comme cette œuvre est fluide on ne peut que saluer l'incroyable talent de Gaëlle Nohant. Le travail de recherches, de documentations fut titanesque. Le résultat ne s'en ressent pas. Nous sommes loin de quelques romans Wikipédia...

Et puis, ces dernières pages... refermer "Légende d'un dormeur éveillé" en laissant rouler quelques larmes et en courant, oui en courant, dans sa bibliothèque personnelle ou dans sa librairie indépendante, puiser quelques pépites de ce passé pas si lointain mais d'un tel foisonnement.


Nos si brèves années de gloire, roman
par (Libraire)
30 octobre 2019

Ghaleb Cassab est fils d’un filateur libanais dont le caractère flambeur l’a entraîné vers une irrémédiable chute et a même causé sa mort. Pour redorer le blason de la famille mais aussi se montrer digne auprès de la femme (mariée) qu’il aime, Ghaleb entreprend un périlleux voyage, par delà les montagnes libanaises, jusqu’en Syrie, dans le but de rapporter illégalement de « monstrueuses » machines à tisser qui feront de lui un homme riche. L’histoire d’un jeune homme touchant, drôle et perspicace dont les prémices de la guerre civile n’entameront pas la détermination. Un beau roman où chaque mot porte l’espoir.


Les rêveuses
8,40
par (Libraire)
30 octobre 2019

Un jeune soldat qui usurpe l’identité d’un mort, une famille étrange, des secrets bien gardés, des religieuses qui rêvent… Un texte maîtrisé du début à la fin, un style très 19ème siècle savoureux, une atmosphère onirique, un vrai régal.


La Bosco

Mazzieri, Julie

José Corti

15,00
par (Libraire)
30 octobre 2019

Texte concis certes mais Julie Mazzieri n’a pas besoin de délayer tant la précision des mots fait mouche. Elle brosse avec habileté et justesse le portrait d’une famille réunie autour de la mère, décédée : le père empêtré dans ses mensonges et sa fuite en avant perpétuelle, la fille que rien ne semble émouvoir et le fils, atterré, qui regarde toute cette foire évoluer autour de lui. Une sorte de road-movie funéraire parfaitement caustique.


Jusqu'à la bête
16,00
par (Libraire)
30 octobre 2019

Une frappe derrière la nuque. Le froid des abattoirs. La routine du "planton des frigos". Des phrases courtes comme un couteau plongeant dans la chair. L'abattement de l'homme abattu par les mêmes gestes mille fois recommencés. L'agonie de l'espoir. Les maigres lueurs d'espoir. Le corps d'une femme aimée. Le corps d'une autre, qui prend entre ses bras, la place de la bête morte. Cette tuerie commerciale qui ravage l'esprit. Cette routine quotidienne sur la chaine de l'usine. Cette vie dehors qui se réchauffe parfois au soleil d'une plage à Pornic, dans la solitude d'une partie de pêche, dans l'isolement de la caravane. Cette vie dehors triste. Cette vie dehors ressemble à celle du "Grand soir", les néons, le Super U chauffé ou climatisé, lieu rassurant, viandes sous cellophane, viandes poussant des caddies.

Un court texte, mais un grand texte. Un coup au plexus. Est-ce toi Erwan qui est fou ou est-ce la vie qui est devenue folle ? Perso j'ai mon idée sur la question.