Conseils de lecture

Article 353 du Code pénal
8,00
par (Libraire)
30 octobre 2019

Dans la tête d'un homme qui se livre dans le bureau du juge après avoir poussé à l'eau un escroc immobilier. Comment en est-il arrivé là, pourquoi, quel est ce poids de la vie si lourd à supporter ? Loin d'un bavardage égocentré, ce nouveau roman de Tanguy Viel est un vrai bonheur. Il sonde ce Martial Kermeur, héros malgré lui, trop lâche devant la société pour se défendre, trop faible devant la justice pour porter cette escroquerie au tribunal. Il devient, lui la victime, convaincu de son erreur. Toutefois, à la fin du roman, les rôles seront inversés. Tanguy Viel, en choisissant Martial Kermeur, homme simple et seul, homme courbé sous le quotidien banal, en prise avec Antoine Lazenec, est en fait l'image d'une société qui se tait, se terre, oublie sa force, nie sa liberté.

Un grand et court roman.


Pas d'éclairs sans tonnerre
17,00
par (Libraire)
30 octobre 2019

Un ton un peu singulier. Un jeune un peu à la marge. Un territoire un peu à l'écart. Un peu de tout cela à la fois pour un roman envoutant...

Donald est attachant. Il possède des hobbys d'un autre temps, se déplace en vélo ou en canoé, se passionne pour les fouilles.

Jérémie Gindre pose sur Donald un regard, certes, bienveillant mais l'observe également avec un œil quasi scientifique. Il l'accompagne dans ses découvertes, dans ses aventures en donnant l'impression de lui laisser une grande dose de liberté. L'auteur a définitivement réussi à créer un vrai personnage quasi autonome : Donald.

Le point culminant du récit est atteint avec cette échappée dans le Parc de Writing-on-Stone, libres garçons (Donald a entrainé son cousin dans cette aventure) qui sont comme des chiens fous sur ce site de fouilles archéologiques.

Ce roman est étonnant, intelligemment différent, en retenue mais puissant à la fois. Quelques petites impressions et informations proposées ci-et-là, hasards volontaires, coïncidences voulues, donnent à la lecture un sens profond. Le village oublié de Douglas, résultat de la cupidité humaine, l'intérêt soudain de tout un village pour son passé, la difficulté d'une vie de fermier, la construction des maisons toutes similaires sauf une...

Un charme, une poésie, un je-ne-sais-quoi, qui donne à ce roman l'éclair que, lecteur, je cherche.


La tresse

Le Livre de Poche

7,20
par (Libraire)
30 octobre 2019

Trois combats de femmes sur différents continents: Smita en Inde, Giulia en Sicile ainsi que Sarah au Canada. Celles-ci seront liées par un fil invisible et leur obstination à accomplir leurs destins, se battre pour leur liberté et leur dignité.

Sublime lecture. Un livre plein d'humanité et profondément féminin!


La Petite communiste qui ne souriait jamais
8,70
par (Libraire)
30 octobre 2019

Une réussite.

Amateur ou non de gymnastique, ce livre est un formidable témoignage sur une époque. Comaneci marionnette du pouvoir roumain. Cette élite sportive du bloc communiste et plus précisément de la Roumanie de Ceausescu n'est que le jouet tyrannique du dictateur. Il peut, ainsi, grâce à ces frêles gymnastes, lutter contre l'Union Soviétique mais aussi lutter contre l'ennemi américain. Les compétitions deviennent alors des tribunes politiques où les sportifs ne sont perçus seulement comme des propagateurs de la pensée soviétiques. Ils deviennent ainsi preuves vivantes de la réussite du pouvoir. L'arène sportive devient un cirque politique. Lola Lafon décrit avec habileté ces étranges compétitions où la crise de nerfs, la mise au placard, le désaveu des sportifs ou des entraineurs n'est jamais loin. Un grain de sable, une erreur : un fusible doit alors sauter pour protéger les hautes sphères du pouvoir. Gare au vaincu...

La réussite de ce texte est cette capacité de la romancière, grâce à une maitrise narrative sans heurts, a absorbé le lecteur dans cette bulle où vivait la gymnaste. A travers Comaneci est décrypté l'appareil politique roumain : propagande, adoration du "Conducator", lutte contre l'appareil central soviétique... Le sport n'est alors qu'un outil au service du pouvoir et que les faibles s'inclinent...

A lire absolument.


Le Quatrième mur - Prix des Lecteurs 2015
7,20
par (Libraire)
30 octobre 2019

Paris, 1982. Sam, réfugié grec, metteur en scène de confession juive, est mourant. Il fait jurer à son jeune ami Georges, son "frère", de mener à sa place un projet insensé : se rendre au Liban afin de mettre en scène l'Antigone d'Anouilh en plein coeur de la guerre, dans Beyrouth dévastée, avec des acteurs d'origines et de confessions différentes (Palestiniens sunnites, Libanais chiites, chrétiens, druzes, Arméniens....). Pari fou et surtout terriblement risqué que de tenter cette trêve théâtrale d'une heure au milieu des décombres et de la mort. Georges tiendra sa promesse. Mais à quel prix ? Après l'Irlande (Retour à Killybegs), le Liban. Grand reporter pendant des années, Sorj Chalandon maîtrise son sujet et immerge le lecteur dans un roman dur, intense et bouleversant tout en rendant un bel hommage à Anouilh. Poignant. Paru en poche en poche en 2014 / Ed.LGF / 7.10 €