LE VIGNOBLE BRIONNAIS
EAN13
9791091388221
ISBN
979-10-91388-22-1
Éditeur
NGA
Poids
1500 g
Fiches UNIMARC
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Le Vignoble Brionnais

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Du Brionnais, on connaît surtout ses bocages peuplés de vaches à la blanche robe. On ignore trop souvent sa vigne, pourtant séculaire, que certains, à force de passion, tentent de faire vivre et revivre. Une vigne qui n'a pas été épargnée par l'Histoire, mais qui a toujours pu compter l'abnégation de ceux qui l'exploitent.
Daniel Margottat en a retrouvé des traces au XI e siècle, repérant que dans des dons faits au prieuré de Marcigny figuraient des vignes. « Je ne suis pas latiniste, mais je suis sûr que si on poussait les recherches, on trouverait des traces antérieures », assure le septuagénaire, qui s'apprête à publier un ouvrage de près de 300 pages consacré au vignoble local . Une sorte de livre somme compilant le fruit de cinq ans de recherches sur un terroir méconnu où la vigne a eu, par le passé, une importance insoupçonnée.
Au début du siècle dernier, 4.000 hectares de vignes s'épanouissaient en effet entre Marcigny et Fleury-la-Montagne. Aujourd'hui, le vignoble compte 400 fois moins de ceps… Si le développement de l'élevage Charolais, aux XVIII e et XIX e siècles, a pu détourner certains agriculteurs du raisin, Daniel Margottat indique que les deux cultures ont longtemps cohabité. L'épisode du phylloxéra, à la fin du XIX e siècle, a peut-être joué dans la balance ? Daniel Margottat tempère : « Cet épisode a eu moins d'impact qu'on ne l'imagine ». En effet, après le passage de l'insecte ravageur, on constate que la vigne s'est même développée par endroits.
a Grande Guerre pourrait être la vraie responsable, entraînant une perte de main-d'œuvre et le départ de familles entières. Dans un coin de France où on ne faisait guère venir de travailleurs étrangers, le travail de la vigne, très demandeur en moyens humains, a sans doute été abandonné petit à petit, faute de bras. « Je ne suis pas sociologue, mais c'est une piste de réflexion », note Daniel Margottat, qui ne cherche pas, dans son livre à étudier ce phénomène en profondeur.
Plus modestement, le septuagénaire veut surtout exposer les faits tels qu'ils lui sont apparus au cours de ses nombreuses heures passées dans les archives. Au fil des pages, il veut proposer un voyage à travers le temps, des vignerons d'hier aux viticulteurs d'aujourd'hui. Il veut parler de ce vin d'alors, gouleyant et léger, qui se vendait (bien) à Paris après avoir remonté la Loire, de ces gels intenses, de la lutte contre le phylloxéra, des conséquences du conflit religieux à la fin du XVI e siècle, ou de ces hybrideurs du cru, créateurs de cépages encore aujourd'hui reconnus… Il entend surtout témoigner de cet attachement local au vin, évoquant par exemple cette procession d'hommes partis voter, sous la II e République, non sans avoir embarqué avec eux une « feuillette » de vin (108 litres).
« On pourrait encore en dire beaucoup, approfondir les recherches », note Daniel Margottat, qui décrit son livre comme « chèvre choux », mi-livre d'Histoire, mi-compilation d'anecdotes. « Mais l'âge avançant, je me suis dit qu'il fallait que je l'écrive avant de ne plus être en état de le faire. »

article d'Etienne Chaize - Le Pays roannais
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