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Failles / récit
EAN13
9782848052199
ISBN
978-2-84805-219-9
Éditeur
Sabine Wespieser Éditeur
Date de publication
Collection
Poche
Nombre de pages
160
Dimensions
16 x 12 x 0 cm
Poids
114 g
Fiches UNIMARC
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Le 12 janvier 2010 à 16 heures 53 minutes, dans un crépuscule qui cherchait déjà ses couleurs de fin et de commencement, Port-au-Prince a été chevauchée moins de quarante secondes par un de ces dieux dont on dit qu’ils se repaissent de chair et de sang. Chevauchée sauvagement avant de s’écrouler cheveux hirsutes, yeux révulsés, jambes disloquées, sexe béant, exhibant ses entrailles de ferraille et de poussière, ses viscères et son sang. Livrée, déshabillée, nue, Port-au-Prince n’était pourtant point obscène. Ce qui le fut, c’est sa mise à nu forcée. Ce qui
fut obscène et le demeure, c’est le scandale de sa pauvreté. Y. L.
Sitôt sortis de l’hébétude, les survivants de la catastrophe ont pensé
« refondation » : Yanick Lahens, avec eux, a repris le travail, l’inlassable
travail des mots. Ce court récit, mû par la double nécessité de dire l’horreur et de la surmonter, en témoigne.
Déambulant dans les rues de sa ville détruite, l’écrivain part de sa propre expérience : avant le séisme, elle projetait d’écrire un roman d’amour. Revisitant le décor ravagé de sa fiction, elle est saisie par l’histoire
immédiate. Comment écrire, s’interroge-t-elle, sans exotiser le malheur, sans en faire une occasion de racolage ?
Texte de témoignage, texte animé par l’urgence, texte de compassion
et de réflexion aussi, Failles désigne l’innommable qu’a été le 12 janvier
2010 en Haïti. Mais il tente aussi de prévenir de l’irresponsabilité qui
consisterait pour les Haïtiens à ne pas changer leurs perceptions et leurs
comportements. Ses analyses restent en cela, des années après le séisme, d’une grande pertinence et d’une criante actualité.
Pour Yanick Lahens en effet, la faille géologique qui a englouti Port-au-
Prince interdit de faire comme si les autres failles – sociale, politique, économique – n’existaient pas. Il n’y a pas de fatalité dans le malheur du peuple haïtien, ni même dans les carences des élites et la mainmise des organisations internationales : telle est la conviction de l’écrivain qui, malgré le tableau sans complaisance qu’elle brosse de la réalité de son pays, insuffle à ses pages une formidable force de vie.
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