La diplomate

Lucy Fricke

Le Quartanier

  • Conseillé par (Libraire)
    16 septembre 2023

    Bienvenue au cœur des relations internationales et des tractations diplomatiques. Issue d’un milieu modeste, Fred, la cinquantaine, s’est hissée à force de travail et de persévérance en haut de l’échelle. Après avoir passé des années éprouvantes en Irak, elle est nommée ambassadrice d’Allemagne à Montevideo en Uruguay. Mais alors que son principal souci est de mener à bien l’organisation de la célébration de la fête nationale, une jeune ressortissante allemande, fille d’une magnate de la presse, est assassinée. Il lui est alors reproché de ne pas avoir pris l’affaire assez au sérieux. Rétropédalage, Fred se retrouve consule à Istanbul et vite confrontée à la réalité d’un état autoritaire, d’autant qu’elle prend très à cœur la défense à la fois d’une dissidente germano-turque emprisonnée et de son fils allemand qui se voit interdire la sortie du territoire turc pour avoir participé cinq ans auparavant à une manifestation pro-kurde et d’un journaliste un peu trop curieux aux goût des autorités turques. Avec une ironie mordante, Lucy Fricke signe un roman dépaysant. Elle livre l’histoire d’une femme dont les valeurs humanistes se heurtent à la violence et l’hypocrisie des politiques. Face aux dérives autoritaires des uns et la duplicité des autres, la diplomate prend conscience que malgré sa prestigieuse fonction, elle n’est qu’un pion sur l’échiquier du pouvoir et que si elle veut agir, en son âme et conscience elle doit le faire seule, quitte à mettre sa carrière en péril. Un récit rythmé, drôle, lucide et redoutablement intelligent.


  • Conseillé par
    12 octobre 2023

    droits de l'homme, Turquie

    Fred est une diplomate trentenaire et célibataire. Le roman s’ouvre lorsqu’elle est en poste à Montevideo, après l’avoir été à Bagdad.

    L’enlèvement d’une touriste fortunée fille à maman va bouleverser son plan de carrière. Et on la retrouve quelques années plus tard à Istanbul.

    J’ai aimé qu’il soit question de Droits de l’Homme dans ce roman : le fils de Meral ne peut retourner en Allemagne parce qu’il a participé à une manifestation pro-kurde à Berlin quelques mois auparavant. Meral étant elle-même emprisonnée pour dissidence.

    J’ai aimé que le journaliste David ait lui aussi maille à partir avec la police et l’Etat Turque à cause d’un futur article en gestation.

    J’ai aimé Philipp, l’ancien collègue de Bagdad, en poste à Ankara, avec qui Fred boit du whisky comme au temps de l’Irak.

    J’ai été étonnée du leitmotiv de la porte forcée. Mais la fin éclaire ce détail qui n’en est pas un.

    J’ai aimé le regard de Fred sur les pubs irlandais et les Hilton : toujours identiques de par le monde. Un monde qui perd son authenticité.

    J’ai aimé la mère de Fred, restée en Allemagne vue son âge, et qui perd peu à peu la tête, gardant ses secrets.

    J’ai aimé lire l’Allemagne en creux : ses rapports avec certains autres pays, son passé de pays divisé, sa volonté de défendre les Droits de l’Homme.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du fait qu’un-e ambassadeur-rice ne doit jamais conduire la voiture qui sert à faire fuir des ressortissants.