L'atelier

Sarah Hall

Christian Bourgois

  • Conseillé par (Libraire)
    5 avril 2023

    Un magnifique roman

    Un très beau roman charnel et fiévreux sur la force de l'art et de l'amour face aux menaces !


  • Conseillé par (Libraire)
    23 février 2023

    Une puissance intense se dégage de cet Atelier, le sixième roman de Sarah Hall qui aborde tant de thèmes avec un talent unique, une distance hypnotique, une sincérité troublante et une exigence rare. Une réussite.
    « Burntcoat », le titre original de ce roman est un entrepôt immense et défraichi, abandonné à la nature, au centre d’une lande anglaise belle et hostile à la fois. Cet entrepôt est l’atelier – maison d’Edith Harkness, artiste largement reconnue qui vit recluse en ces lieux envoutants. Sculptrice d’œuvres monumentales, Edith sait sa mort proche, maladie rongeuse qui la dévore. Alors elle se raconte et le lecteur bluffé par la qualité de la langue, la beauté des phrases, la rudesse du propos, est tenu en haleine, dérouté, souvent bousculé mais profondément séduit. Sarah Hall sculpte, comme son héroïne, dans le matériau brut de la vie, dans la solitude profonde d’Edith. Noémie est sa mère, sa muse, celle pour qui elle créée sans cesse, avec qui elle a vécu dans un pas de deux en marge d’une société la prenant, elle, Noémie, femme diminuée et malade, pour une sorcière, une incapable d’amour. Cet amour exclusif et magnifique, une manière de confinement volontaire. Plus tard, une pandémie redoutable nécessite de s’isoler, de fermer portes et cœur, pour vivre en retrait. Alors, Edith ouvre sa porte à son nouvel amant, Halit, restaurateur marqué par l’exil. Solitaire la sculptrice vivra ce confinement à deux, dans un quotidien où l’érotisme suscite la création, l’art déclenche l’amour. L’apprentissage des corps, le récit de leurs vies, de ces failles qui les habitent, les installent hors monde, de ce monde devenu violent par trop d’enfermements et de brimades. Ces scènes sont belles autant que redoutables quand Halit contractera ce maudit virus offrant des pages d’une puissance rare sur la déchéance d’un corps, sur son délitement et sur sa disparition lentement définitive. Et pourtant, l’art encore comme un phare dans une nuit d’encre apporte l’espoir et quelques réponses.
    Article publié dans Page des libraires