Mangez-le si vous voulez

Jean Teulé

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  • Conseillé par (Libraire)
    24 mai 2020

    Fête entre voisins.

    En 1870, en allant à la foire du village d'à-côté, un homme est pris à partie par la foule. Lynché, torturé, brûlé vif, il finira par être mangé. Son crime : il est le cousin de celui qui vient annoncer une défaite de l'armée impériale. Après Le Montespan Jean Teulé cannibalise le roman historique.


  • Conseillé par
    11 février 2017

    J'aime beaucoup Jean Teulé, j'aime l'entendre parler de ses livres et de ceux des autres, mais je dois bien dire que je n'avais jamais réussi à le lire totalement convaincu. Le magasin des suicides m'a déçu. Je, François Villon ne m'a pas transporté. A chaque fois quelque chose coince. J'ai bien failli me retrouver dans la même situation avec ce roman (basé sur des faits réels) : les débuts sont un peu naïfs, joliment, comme si Alain de Monéys était une sorte de Candide qui vivait dans un monde beau. Son arrivée dans le village de Hautefaye est belle, lui sur son alezan, les paysans lui parlant tous de bonne humeur. Les dialogues ne sont pas crédibles, personne ne parle ainsi : "Bonjour Etienne Campot. Ça va Jean ? (...) Qu'allez-vous donc faire à la frairie de la Saint-Roch avec ce boulonnais, les frères Campot ?" (p.13/14). On se croirait au théâtre lorsqu'un acteur fait exprès de mal jouer et de mal dire les répliques. Ça sonne faux, mais c'est sans doute pour donner beaucoup d'informations sur les relations entre la future victime et ses futurs bourreaux, sur l'ambiance du jour, sans être trop magistral.
    Heureusement, ça ne dure pas et lorsque la violence s'installe, Jean Teulé reprend une écriture plus sèche et directe. Contrairement à sa manière de parler, même s'il n'élude rien, il n'use pas d'un vocabulaire argotique et reste sobre, ce qui rend son récit très visualisable et ne l'édulcore point. C'est dur, c'est fou, c'est inimaginable, c'est parfois à la limite de ce que peut endurer un lecteur surtout parce qu'il sait que le fait est avéré, que Alain de Monéys en est véritablement passé par là. On est donc face à la folie humaine aux débordements incontrôlés et incontrôlables, aux effets de masse, de foule, et même au-delà. Comment peut-on en arriver jusqu'à molester, frapper, torturer et brûler vif un homme ? Un ennemi on pourrait si ce n'est comprendre au moins entendre certaines raisons, mais un homme du coin aimé et respecté ?

    Le roman commence comme une bluette, puis part dans des accès de violence inouïs. L’auteur parle de tous les protagonistes, de ceux qui veulent empêcher le massacre, de ceux qui ne voient plus rien que la personne à abattre et qui n’expliqueront jamais vraiment leur geste. Il joue avec son écriture nous promettant une belle histoire qui dérive très vite dans un déchaînement de violence décrit en phrases courtes, rapides, et dans un vocabulaire courant emmenant son lecteur au bord du dégoût mais aussi l’empêchant de lâcher son livre. Enfin, je pourrais dire que j’ai aimé un roman de Jean Teulé (merci Pierre –qui se reconnaîtra- pour ton prêt). Un livre qui m’a rappelé un autre, du même genre, Un juif pour l’exemple de Jacques Chessex, dur et beau en même temps.


  • Conseillé par
    29 décembre 2015

    Folie humaine meurtrière

    Alors que la journée s'annonce très agréable, un jeune homme d'une famille aisée devient le défouloir de la population d'une foire dans le Périgord. Fait divers réel mais méconnu, Jean Teulé retrace le calvaire vécu par Alain de Monéys et montre la propagation de la folie meurtrière des foules. Roman qui peut servir sur la réflexion des foules et sa psychologie. Des passages parfois durs et difficles à lire, tant les souffrances infligées sont horribles.